L’interview de SpiritEvent ou, la recette de la différence

Quelle est la recette d’une start-up à succès ? Voici la grande question que tout entrepreneur se pose. De beaucoup de panels d’entrepreneuriats reviennent les mêmes discours de ceux qui réussissent : beaucoup de travail et beaucoup de chance. Cet article ne remet pas en question ces deux points, mais, soyons d’accord, cela reste assez vague… Le RETS est donc allé à la rencontre d’une start-up fraîchement arrivée au Centech pour lui demander, en détail, comment elle a travaillé dur et mis la chance de son côté pour en arriver là.
C’est donc SpiritEvent qui nous a fait le plaisir de cette entrevue ! Brève présentation, SpiritEvent est à l’origine d’une nouvelle machine : une distributrice à cocktail automatique et en libre-service. Mobile, cette machine peut aller d’événements en événements pour offrir en quelques secondes, des cocktails conçus et dosés sous les conseils avisés de professionnels! Comme promis, retour sur son parcourt, et sur ce qui a fait la différence.
A l’origine, il n’aurait pu s’agir que d’un projet fictif parmi tant d’autres du cours d’introduction à l’entrepreneurship de l’ÉTS (ENT202 pour les intimes). Seulement, c’était sans compter l’objectif commun des membres d’une équipe, Gabriel Tétrault, Antoine Sifoni et Bastien Abraham, de saisir l’occasion pour s’investir totalement et découvrir en pratique, l’entrepreneuriat. Ils vont sur le terrain pour rencontrer le marché cible de leur mystérieuse machine d’aide au serveur. Le projet a à peine quelques semaines, il est supposé n’être qu’un “simple projet fictif de cours”, mais son concept s’ajuste déjà aux résultats de l’analyse de marché, on parle maintenant de machine à cocktail ! L’investissement de la fine équipe fait la différence, non seulement ils sont reconnus meilleur plan d’affaire d’ENT202, mais le professeur du cours, Luc Giguère, croit en leur projet et devient leur mentor. Il ne leur en faut pas plus pour faire de la machine une réalité. Avec le recrutement d’un quatrième compagnon, Vincent Armelin, apportant les connaissances en électronique manquantes, deux semaines plus tard, au fond d’un garage, pas très jolie, un peu lourde, mais fonctionnelle, la « preuve de concept » est là : la première machine à cocktail de SpiritEvent. Ils ne visent pas la perfection, ils veulent tester la réaction du client au plus vite, et s’ajuster, encore et toujours. Après cela, la course folle commence (car cela ne faisait que commencer…). SpiritEvent est incorporée en octobre, ils se donnent deux mois pour sortir une nouvelle version de leur machine, la G1. Le garage change, le chauffage y fait son apparition, et c’est de mise, compte tenu que pour tenir leur délai, c’est toutes les fins de semaine qui y sont passées (le fameux « beaucoup de travail »…). Mais l’équipe est à la recherche de challenge pour conserver son rythme effréné et garder une certaine pression. Les voilà donc engagés à fournir la G1 pour la R&D, en mars, plus gros parté de l’ÉTS, opportunité rêvée de recueillir les avis des utilisateurs. Ils gardent en tête des objectifs clairs : être créatif, évoluer, s’adapter et continuer de proposer toujours mieux.
Ils n’ont pas le temps de respirer après la R&D puisqu’ils réussissent à approcher le président de Connect&Go pour intégrer leur machine à son événement du 24 mars. Malgré le délai court, pas question de se défiler, cet événement est une occasion en or pour rencontrer de grands acteurs de l’événementiel, secteur qui s’est dessiné au fil des mois comme leur cœur de cible. Ils y remportent encore plus de succès qu’à la R&D! Ceci s’avère être un véritable élément déclencheur pour l’équipe qui constate qu’il y a un véritable besoin pour cette machine. Il faut saisir l’importance de cette information : le besoin existe. Ceci fait la différence avec tous les autres projets qui s’épuisent à créer ce fameux besoin.
Cependant, la différence ne réside pas uniquement dans la capacité à saisir les occasions, travailler intensivement et s’adapter au plus près aux attentes du marché cible (ce qui est déjà assez impressionnant pour une équipe qui entreprend depuis moins d’un an…). Elle se trouve aussi dans le fait de se donner les capacités de faire la différence. Déjà, pour commencer, personne ne sait tout, pourtant il faut tout savoir au moment venu. L’apprentissage est donc une clef. Pour eux, cela est autant passé par l’autodidacte, le mentorat que des formations. Ensuite, ils ont oublié ce qu’était la timidité et sont allés frapper à toutes les portes, ont décroché leur téléphone sans hésitation, tout comme ils n’ont jamais hésité à parler de leur projet autour d’eux, saisissant tous les retours. Au lieu de craindre la diffusion de leur idée, ils l’ont voulue, comprenant qu’une idée amène une autre idée, et que finalement, parler est une chance de faire grandir son concept! Enfin, ils ont su créer une équipe gagnante dans le sens de la communication et du travail d’équipe. Grâce à une bonne répartition des rôles, une confiance en l’expertise de chacun, une méthode de travail rigoureuse et la mise en place de valeurs commune, cette équipe qui ne se connaissait pas à l’origine a su travailler efficacement ensemble.
Petite anecdote, en les écoutant parler vie privée, vie professionnelle, vie étudiante, une dernière différence apparaît entre ceux qui craquent et ceux qui tiennent : l’entourage, source de tous les soutiens possibles.
Finalement, la différence réside dans une somme de différences, faites à chaque étape, à chaque niveau.
Un grand merci à SpiritEvent pour avoir accordé cette première interview au RETS, et s’il ne devait rester qu’une phrase de leur témoignage, de leur vision de l’entrepreneuriat, je vous proposerais sans un doute celle de Gabriel :

« Maintenant, on sait ce qu’on va faire de notre vie. »

Laure Cerisy.

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